3 – HISTOIRE

Avant la conquête de la Gaule par les Romains, le territoire occupé par Ivors faisait partie de la cité des Silvamectes. (Senlis) .

Sous l’administration romaine, Ivors dut faire partie du Pagus Vadensis, depuis Valois ou Du Pagus Urcisus ou Orceais.

Les limites n’en sont pas bien déterminées.

Après l’invasion des Barbares, Ivors passe dans le domaine des Comtes de Crépy, ceux-ci en jouirent quelque temps et en transmirent la propriété à des officiers désigné sous le titre de Burgares* ou Bougres (Chef de burg ou château-fort) avec la partie de la seigneurie de Cuvergnon, nommée Germaincourt.

Ces officiers avaient un château dans chaque endroit de leurs domaines. Rien n’indique à Ivors où se trouvait le vieux château des Burgares *.

Chateau gravure

Occupait-il l’emplacement du château actuel tout moderne ? Était-il à l’endroit appelé Château Rouge, où est aujourd’hui le nouveau cimetière ? On serait presque tenté de le croire, puisque tout proche de ce lieu, on a trouvé et on trouve encore des sarcophages. Rien de certain. Aucun vestige, aucune trace, rien non plus dans l’histoire pour éclaircir ce point intéressant pour nous.

Le seigneur Jean II de Billy ayant pactisé avec les Anglais. Charles VIl confisqua le château qui fut détruit par les habitants d’Ivors, des pierres servirent à réhausser certaines maisons du village.

LES BURGARES *

Le premier Burgare* connu est Jean le Bougre, seigneur d’Ivors qui obtint sa charge des comtes du Valois et vivait en 1117. Il eut pour successeur son fils Amoul le Bougre, auquel succéda Jean II le Bougre, ce seigneur était puissamment riche pour l’époque, puisqu’il possédait les fonds de terre situés entre Ivors et Crépy et le moulin de Pontdron, ensuite vient Niveton le Bougre, dernier burgare* ou Bougre.

LES SEIGNEURS

A Nivelon succède son fils Gérard d’Ivors non comme Burgare*, mais comme Seigneur. Il est qualifié de Chevalier. Viennent ensuite Baudet 1 et Baudet II. Ce dernier fut le père de Marguerite Baudet laquelle épousa en 1301 Philippe de Billy-sur-Ourcq. D’où le passage de la seigneurie de Ivors dans la maison de Billy. Philippe fut père de Jean de Billy qui se suicida.

* NDLR : Le mot Burgare correspond je pense à celui de Burgraves: seigneur d’une ville

UN SUICIDE AU MOYEN AGE

Ce suicide assez rare au Moyen-Age, entraînait de graves conséquences.

Il faut dire tout d’abord que Jean de Billy se suicida par mélancolie, frénésie, probablement atteint de folie. Il avait marié son fils aîné à la fille du Seigneur de Villiers de l’Isle Adam et pour faire ce brillant mariage, il avait dû faire de grands sacrifices, ensuite ce fils tomba grièvement malade. Un autre de ses fils fut aussi atteint de maladie. Tout cela avait fortement ébranlé les facultés cérébrales peu solides sans doute du pauvre Jean.

La chronique du temps rapporte qu’il se jeta d’une fenêtre de son château de Roissy (Seine & Oise) «.la teste en dessous, nu en sa chemise, la chandelle benoiste (bénite) en la main, faisant de son pouvoir semblant de repentance et de contrition de cœur, et merci à Dieu».

Le suicide était alors considéré comme criminel et puni de peines très sévères. La sépulture ecclésiastique était refusée au suicidé, son corps était pendu ou brûlé, et ses biens confisqués au profit du roy.

Mais en considération des services rendus par Jean de Billy, de son vivant, écuyer et de ses prédécesseurs en compassion à l’égard de sa veuve et de ses enfants, le roy fit grâce de la confiscation des biens et le clergé enterra en l’Eglise de Roissy le corps du suicidé avec les cérémonies accoutumées.

Il y avait déjà à cette époque des accommodement avec le ciel.

SUITE DES SEIGNEURS D’IVORS

La terre d’Ivors revint ensuite à Antoine fils de Jean et qui avait épousé Perrenelle de Villiers de l’Isle Adam, puis à Jean Il son fils qui trahit son Roy Charles VI pour passer aux anglais. Après lui, viennent Perceval de Billy puis François de Billy grand maître des Eaux et Forêts du Valois et enfin Louis de Billy ce dernier fut le père de Marie de Billy qui épousa en 1578 Jean de Nicolaÿ, premier président de la Cour des Comptes.

C’est de ce chef que le domaine d’Ivors passa dans la maison de Nicolaÿ, entre les mains desquelles il est encore.

Notons entre parenthèse, que la terre d’Ivors échut dans le courant du XVIII siècle à Madame Elisabeth de Nicolaÿ épouse en première noce du Marquis de Combourg et en secondes noces du Duc de Mortemart, sa fille mariée au duc de Rochechouart étant morte sans enfants avant sa mère, la seigneurie d’Ivors revint à Georges de Nicolaÿ, neveu de la duchesse. Outre le château et le domaine, les seigneurs d’Ivoires possédaient deux fiefs. (On appelait ainsi au Moyen-Age une serre, un office, même une simple rente concédé par une personne à une autre, sous la condition que le preneur reconnaîtrait le bailleur pour son seigneur, lui garderait fidélité et lui rendrait certains services ou lui paierait certains droits). Le fief de saint Georges et le fief Baudet et non Baudont comme l’on t’écrit quelques auteurs.

Un troisième fief existait mais dans l’enceinte du château, c’était le fief du Miroir nom donné aux fiefs ou portion de fiefs des enfants puînés, garantis sous l’hommage de l’aîné. C’est ce qui explique le nom de Miroir appliqué à la partie du parc situé entre le château et la rue du Puits-Quentin.

Les seigneurs d’Ivors possédaient aussi un moulin à vent banal* et un four banal* où les habitants devaient aller moudre leur blé et cuire leur pain.

Le four banal était établi dans la maison formant le coin à gauche de la rue de la Fontaine et de celle de la Prieuse. Le dernier fournier fut le Sieur Bernier qui se fit ensuite boulanger au moment de la Révolution.

* Banal: De banalité. servitude consistant dans l’usage obligatoire et public d’un objet appartenant au seigneur.

Il existe toujours, il se trouve à l’angle du chemin de la Prieuse et du chemin de la Fontaine. Sa dernière destination était la forge du maréchal-ferrant. (avant d’être transformé en habitation en 2007).

LISTE DES SEIGNEURS 

1117 – JEAN 1 le Bougre, père de

1182 – ARNOUL ou Ernulphe, père de

1212 – JEAN II, père de

1242 – GERARD d’Ivors.

JEAN BAUDET père de

1301 – BAUDET père de Marguerite d’Ivors laquelle épouse

Philippe de BILLY/S/OURCQ Sgr de Mauregard, père de

1365 – JEAN 1 de BILLY, père de

1440 – JEAN II de BILLY, père de

1484 – Perceval de BILLY, père de

1506 – François de BILLY, père de

1540 – Loys de BILLY, père de

1566 – Marie de BILLY, laquelle épouse

1578 – Jean de NICOLAŸ premier président de la cour des Comptes, père de

1598 – Loys de NICOLAŸ (fut nommé pour faire partie du conseil de Régence de Marie de Médicis, lorsque Henri IV voulut faire la guerre à l’Autriche en 1610).

1675 – Nicolas de NICOLAŸ, père de

1718 – Nicolas de NICOLAŸ, père de Marie Charlotte Elisabeth de NICOLAŸ qui épouse :

1 – Le Marquis de COMBOURG.

2 – Le Duc de MORTEMART.

Morte sans enfants la seigneurie d’Ivors revient à son neveu

1784 – Georges de NICOLAŸ, père de

1820 – Raymond de NICOLAŸ, père de

1843 – Christian de NICOLAŸ, père

150px-Blason_de_la_Maison_de_Nicolaï.svg

1885 – Antoine de NICOLAŸ, seigneur actuel

LE CHÂTEAU

Le château actuel n’a rien de remarquable si ce n’est le portique d’entrée de la cour d’honneur surtout le fronton. L’entrée du château est formée d’une demi-lune plantée de tilleuls ce qui lui donne un bel aspect.      Le château affecte la forme d’un parallélogramme garni aux angles Nord et Sud de deux tourelles, rien d’architectural dans cet amas de constructions. Les communs occupent le fond de la cour.

Chateau Ruine

En face du château principal se développe une très belle pelouse allant du château au Chemin du Haha, limite du parc. (on appelait Haha l’ouverture d’un mur ou d’une clôture d’un jardin d’un parc, avec fosse en dehors).

Derrière le château dans l’ancien Miroir existait un jeu de Paume.

Le parc était à gauche de la pelouse. Les jardins à droite.

Le Roi Philippe le Bel vint deux fois au château d’Ivors et y coucha en 1307 et en 1308.

Le château lorsqu’il était habité par la duchesse de Mortemart et elle l’habitait une grande partie de l’année, donnait de la vie au village. Un nombreux personnel domestique assurait le service du château. Les registres religieux de l’époque nous font connaître qu’il y avait concierge, jardiniers, cochers, cuisinier, valets et femmes de chambre, gardes etc… car ces actes nous rapportent que ces gens de service furent parrains et marraines de quelques enfants du village, quelques uns même de ces serviteurs sont morts et ont été enterrés à Ivors.

Madame de Mortemart aussi recevait nombreuse société, nous voyons figurer à Ivors la Comtesse de Vesins, le Mes de Colbet-Chabannais, le Duc de Gesvres, le duc de Vrêsmes, les de Mazancourt – les de Brion – les de Breda – les de Billy – les de Grigny etc … qui ont signé de leurs noms et titres quelques actes religieux.

CHATEAU

* Le château actuel correspond aux communs (bâtiments consacrés aux services dans une grande demeure) le château aujourd’hui, n’est plus habité et tombe en ruine.

Il fut de nouveau habité après la deuxième guerre mondiale.

Le 19 décembre 1994 il a brulé. Il a depuis été reconstruit et est habité par le Comte Jean de Nicolaÿ.

BLASON de BILLY

Vers 1697 Jean de Billy écuyer, seigneur de Mauregard et d’Ivoires, avait pour scel un écu « à deux fasces sur champ varié » soutenu par deux lions, et le heaume ciné d’une tête de more. Ce blason, Colart de Billy le portait dès 1350, ses descend,dans ne le quitteront plus, et j’incline à penser qu’il fut en réalité le blason originel de la race; l’autre, provenant d’une alliance ou d’une possession féodale, aura subsisté parallèlement dans une branche cadette. Les armoriaux du temps de Charles VII témoignent, en leur style quelque peu barbare, que l’écu de vair, avec ou sans fasces de gueules, était reconnu comme étant celui de Billy.

En 1301, Philippe de Billy épousa Marguerite, dame d’Ivors, au XVIe siècles, leurs descendants, toujours en possession de cette terre, adoptèrent un écartelé de Billy, et d’Ivors, d’or à la croix d’azur; mais la forme de la croix varie, tantôt pleine, tantôt pattée, le plus souvent alésée; c’est ainsi que jadis on les voyait peintes à la voûte de la chapelle d’Ivors.

Scel de Billy

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